Une blogueuse condamnée pour une critique de restaurant

Caroline
10 juillet 2014
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4 Comments

Eggs.La nouvelle est tombée dernièrement : une blogueuse amateur vient d’être condamnée pour une critique de restaurant qu’elle a postée sur son blog il y a un an. Pour moi, c’est un jugement assez inquiétant qui soulève plusieurs interrogations, quant à la liberté d’expression.

Son article publié sur le blog « L’Irrégulière », intitulé « L’endroit à éviter au Cap-Ferret », suivi du nom de l’établissement a provoqué dernièrement l’ire de la propriétaire. La blogueuse y dénonçait le manque d’organisation de l’établissement et le comportement de la serveuse et de la patronne. Pour cette dernière, le billet relevait plus de l’insulte que de la critique culinaire. Ce qui est étrange, c’est que le billet a été publié il y a un an et elle n’a réagi que dernièrement, du fait du très bon classement par Google.

Le 30 juin dernier (mais l’information n’a filtré qu’il y a quelques jours), la blogueuse a été condamnée à payer 1 500 euros à titre de provision sur dommages et intérêts et 1 000 euros de frais de procédure.  Ne le cherchez pas, le billet incriminé a été retiré depuis, du fait de la blogueuse elle-même. J’ai lu l’article en question et le ton était assez humoristique. Elle y est allée un peu fort mais je dirai que c’est plus par maladresse que par volonté de nuire. 

Ce jugement soulève plusieurs interrogations. Est-ce que les blogueurs pourront continuer à donner leur avis sur tel ou tel restaurant, ou tel ou tel produit, sans qu’on leur fasse un procès ? D’après les commentaires d’un avocat, le fait d’être amateur assimile les blogueurs à des particuliers. Ce qui fait que le billet de la blogueuse serait plutôt celui d’une cliente mécontente. Alors pourquoi ne lui  a-t-on pas demandé de retirer son billet ou d’en changer le titre ? Pourquoi a-t-elle été condamnée d’entrée de jeu ?

Est-ce que ce jugement ne va pas servir de jurisprudence et permettre aux restaurateurs, qui ne jouent pas le jeu j’entends bien, d’attaquer les clients mécontents qui oseraient le faire savoir ? Est-ce qu’on ne va pas rentrer dans une escalade judiciaire, comme aux Etats-Unis, où tout est bon pour porter plainte et en retirer de l’argent ? Avant, quand un client n’était pas content, le restaurateur entrait en contact avec lui et essayait de comprendre ce qui s’était passé, pour améliorer ce qui pouvait l’être. Maintenant, on a l’impression que c’est le monde à l’envers, c’est le client qui doit s’excuser de ne pas avoir été satisfait et qui doit surtout ne pas le faire savoir. N’est-ce pas la porte ouverte à des abus ?

Autre réflexion qui me vient à l’esprit : les blogs sont de plus en plus influents et parfois plus que les médias traditionnels. Est-ce que les blogueurs ne vont pas se retrouver bâillonnés et remis à leur place d’amateurs ? Seuls seront légitimes les journalistes spécialisés ou les critiques culinaires ? Il faudrait éviter que les blogs ne deviennent le monde des bisounours, où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, pour éviter de se faire attaquer. Cela enlèvera finalement beaucoup d’intérêt à ce type de médias.

Personnellement, j’ai été très déçue de la prestation d’un restaurateur marseillais réputé, à qui j’ai pourtant fait un gros chèque. Je me suis posée la question si j’allais faire un article dessus et je suis arrivée à la conclusion que je m’en abstiendrai pour éviter tout problème… Certains restaurateurs (attention, je ne généralise pas !) prennent leurs clients pour des gogos et finalement, il faut s’excuser ne pas être contents. C’est un comble !

Le jugement rendu le 30 juin dernier est à suivre de près…

PS : Dans cet article, je parle de restaurateurs indélicats et de clients / blogueurs mécontents qui le feraient savoir, sans volonté de nuire. Je ne soutiens bien sûr pas les comportements déviants, comme par exemple, celui d’un blogueur bien connu des restaurateurs du Sud qui menace d’écrire un avis négatif sur eux, s’ils ne lui offrent pas son repas  (ainsi qu’à sa femme et son fils) !!

 

 

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4 Responses

  1. Oui c’est fou cette histoire. Mais peut être qu’avant la condamnation il y avait eu des échanges entre la blogueuse et le restaurateur au sujet de l’article, qui ont mal tournés. Mais effectivement c’est fou d’en arriver là!!

    A+
    Karine

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