Etre Chef locavore, ça veut dire utiliser toutes les ressources d’un territoire

Caroline
17 mars 2017
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Allez, la râleuse est de retour. Je ne sais pas si c’est l’arrivée du printemps mais je me sens remontée comme une pendule. Aujourd’hui, je vais vous parler de ma réaction face aux comportements de certains Chefs qui se disent locavores et qui font les choses à moitié (voire au tiers).

Je vous explique. Je reçois souvent dans ma boîte aux lettres de blogueuse internationale – mondialement connue, je devrais dire – des communiqués de presse allant de la foire aux saucissons (si, si, je vous assure) à des restaurants étoilés, en passant par des sites de rencontres extraconjugales (pas plus tard que ce matin, bravo le ciblage de l’agence de communication). Qu’elle n’est pas ma surprise – et surtout mon indignation – quand je vois que plusieurs chefs criant haut et fort leur amour du bio – ou tout au moins du local – passent par des agences de communication parisiennes. Rivalité OM-PSG à la sauce com ? Pas du tout ! C’est valable aussi pour certains domaines viticoles et autres établissements qui mettent en avant leur attitude engagée.

Que veut dire être locavore ? Comme je suis un brin paresseuse, je vous copie la définition de Wikipédia :

 » Le mouvement locavore encourage les « consommateurs » à acheter des produits frais et de saison, à acheter sur les marchés ou aux agriculteurs ou paysans locaux, à choisir leurs propres aliments, en faisant valoir la qualité du produit frais, des produits locaux, dont le goût serait meilleur que les produits industriels.

Ce mouvement se veut un acte respectueux de l’environnement par le maintien de la diversité des paysages, des écosystèmes en évitant les monocultures. 

Ce mouvement se veut également un acte de stabilité sociale par le maintien harmonieux des populations sur les territoires. »

C’est sur ce dernier point que je m’insurge : la stabilité sociale. Certains Chefs brament au clair de lune leur amour des produits locaux, de terroir… mais font travailler des agences parisiennes. Vous voyez où je veux en venir ?

Pour rester logique jusqu’au bout, être locavore, c’est faire travailler le producteur, l’éleveur et l’artisan du territoire, mais aussi toutes les autres ressources vives. Parmi elles, on peut citer les agences de communication ou de relations presse, les influenceurs, les graphistes, les webdesigners, les imprimeurs, les régies publicitaires, les associations de services à la personne (pour le ménage, la lessive et le gardiennage), les décorateurs, les potiers, les céramistes, les influenceurs… Souvent, ce sont des grosses entreprises qui sont choisies. Elles emploient certes des locaux mais les personnes qui ont créé leur entreprise ou leur association dans le domaine dans les domaines du nettoyage, du gardiennage ou du ménage ont du mal à lutter contre cette concurrence.

Petite aparté sur les influenceurs (blogueurs, youtubeurs, instagramers…) : j’ai l’impression que, dans ce domaine aussi, on ne prête qu’aux riches. On va confier un budget marketing énorme à un célèbre influenceur national alors qu’au niveau local, on a aussi des personnes passionnées qui ont des réseaux très développés. Pourquoi ne pas couper la poire en deux et permettre aux grands et aux plus petits de travailler en bonne intelligence ? Certains Chefs (ou community manager qui travaille pour eux) ne partagent que les articles de médias nationaux et ignorent superbement les articles de ceux qu’ils voient comme des quantités négligeables. Heureusement que d’autres, et certains sont des très grands, reconnaissent la qualité du travail fourni et offrent la même considération aux connus et moins connus.

En privilégiant des ressources hors du territoire, on ne permet pas à des acteurs locaux de vivre décemment. Combien, parmi mes ami(e)s et connaissances, ai-je vu d’indépendants issus des métiers que j’ai cités plus haut galérer à trouver des clients et boucler leurs fins de mois avec difficulté ? J’en parle d’autant mieux que je suis moi-même community manager, chargée de communication, rédactrice et attachée de presse indépendante et que je vois bien que notre secteur brille par son absence de débouchés.

Petit intermède publicitaire (je suis sur mon blog, je fais ce que je veux, na !) : si vous avez besoin d’une professionnelle de la communication, je suis là !

Le plus ahurissant, c’est quand j’entends d’autres connaissances me dire qu’elles ne trouvent pas de clients dans la région et qu’elles arrivent à s’en sortir tant bien que mal grâce à des contacts qu’elles ont gardé dans des agences parisiennes. On marche sur la tête !

Attention, je ne fais pas le procès des agences parisiennes, loin de là ! Je suis d’ailleurs en contact avec plusieurs d’entre elles et cela s’est toujours bien passé. Cependant, nos professionnels ont, eux aussi, fait des études, investi dans leur carrière, développé des contacts… On n’exploite pas leurs compétences et leurs réseaux.

Je pense que certains – je ne généralise pas – Chefs devraient donc rester cohérents avec la philosophie qu’ils prônent et aller jusqu’au bout de leur raisonnement : il faut penser un territoire d’une façon globale. Cela ne ferait d’ailleurs que grandir leur image.

Et je ne vous parle pas de ceux qui clament haut et fort qu’ils se servent chez les producteurs locaux, achètent 2 carottes et 3 poireaux au marché du coin devant la presse admirative et filent discrètement chez notre grossiste alimentaire allemand préféré pour tout le reste. C’est une autre histoire !

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2 Responses

  1. Dans n’importe quel domaine, ce que tu dis se vérifie. Effectivement on ne prête qu’aux riches et aux connus, mais heureusement, pas mal de gens reconnaissent (et travaillent avec) les « gens du coin » (c’est pas péjoratif hein) qui travaillent tout aussi bien que « ceux de Paris ». Voire mieux car ils sont sur le terrain ! Je me doutais bien qu’il y avait un monde entre ce que les chefs disent et ce qu’ils font, mais bon ça fait toujours mal au coeur de le lire noir sur blanc :-/

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    • Merci pour ton message. Je ne généralise pas mais j’avoue que je suis assez déçue de voir que tout ce qui touche aux services est généralement fait ailleurs !

      Reply

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